Industrie Horlogère

 
     


Boom de la production

On estime qu'entre 1680 et 1800 la production d'horloges fabriquées dans les fermes s'élève à plusieurs dizaines de milliers (moins de 100.000 toutefois). Après 1850 une large couche de la population peut s'offrir de telles horloges, la demande augmente. 
La ville de Morez grossit et atteint les 4000 habitants. 

De l'artisanat à l'industrie

Avec 18 sociétés horlogères dont les activités vont du travail du métal  à la  fonderie de cloches ou aux ateliers d'émail la production atteint 60.000 horloges et de nombreux cadrans par an. La production artisanale dans les fermes est remplacée par une organisation industrielle. Les horlogers qualifiés n'interviennent plus que pour la mise en place du cadran et des aiguilles mais aussi pour le réglage des horloges. La plupart des pièces est alors réalisée par des ouvriers spécialisés travaillant dans des ateliers, où des machines mues par la force de la rivière sont à leur disposition.

Horloge murale ou horloge sur pied ?

On suppose que les premières "Morez" sont vendues de maison en maison par des marchands ambulants. Les acheteurs doivent ensuite se procurer des poids auprès du forgeron le plus proche, en effet, les poids sont trop lourds pour être également transportés. Ces premières horloges sont posées sur des consoles murales ou accrochées au mur.



Antide Janvier
né à Saint-Claude, mathématicien,
 astronome et horloger de Louis XVI.
 Il séjourne à Morez 
de 1771 à 1772. 
Il contribue au perfectionnement de l'industrie horlogère
 en faisant bénéficier les artisans de ses connaissances.

   


Les bâtis en bois

Le mobilier du premier quart du 18ème siècle devient plus riche. C'est alors qu'apparaissent les caisses en bois qui abritent les horloges, le balancier et les poids. A la demande des revendeurs ou des clients les menuisiers fabriquent des boites à horloge. Les bois utilisés sont le chêne, le noyer, le merisier ou le châtaigner. Les premiers bâtis sont tout droits, carrés, sans décoration. Les bâtis suivants sont décorés avec des sculptures et en partie bombés. Ils peuvent atteindre une hauteur de 2m50 ou 3 mètres. La forme et le style varient suivant l'époque et la région mais s'adaptent aussi aux meubles existant. Les caisses et les horloges ne sont pas toujours de la même époque. Un mécanisme en panne peut être remplacé, mais en gardant le même bâti d'horloge.


Vente à l'essai :
Les colporteurs, chargés de revendre les horloges dans toutes les régions de France inventent la vente à l'essai. Lors d'un premier passage dans les maisons, ils proposent aux clients intéressés de garder l'horloge jusqu'à leur retour. Entre temps chacun se familiarise avec le tic-tac rassurant et l'horloge reste à demeure.

   



Evolution des bâtis

Les bâtis des horloges de la première et de la deuxième générations dissimulent le balancier (voir photo de gauche), alors que ceux de la troisième génération comportent une ouverture arrondie pour permettre de le voir. Le balancier de la quatrième génération est richement décoré et mis en valeur par une porte vitrée (voir photo de droite).

Une unité de forme apparaît seulement avec la fabrication des caisses en série (en bois d'épicéa). Vers 1860 les premiers ateliers de menuiserie spécialisés sont créés à Morez (mais aussi à Bois-d'Amont). Leur production est décorée de peintures paysannes par des travailleurs à domicile.

Emile Rosset, éditeur de « l’Almanach du vieux Savoyard » s’offusque de la description d’un atelier familial : « Ici se trouvent des gaines de comtoises dans tous les stades de leur fabrication. Elles ont plusieurs formes : étroites, ventrues ou resserrées, certaines sont encore blanches, les autres sont déjà peintes. Dans cette pièce, où l’on cuit la nourriture et où l’on réchauffe le verni, règne une odeur très particulière, mélange de soupe aux choux et de térébenthine. Sur une table une gaine attend sa décoration».

La fin de la production

L'âge d'or des horloges de type "Morez" se situe entre 1860 et 1880, à l'époque environ 80.000 unités sont produites chaque année. En 1900 la production n'est plus que de 35.000 unités. 
Une forte concurrence et un changement de goût des acheteurs (qui veulent des horloges plus petites) conduisent à l'arrêt de la production au début de la première guerre mondiale.

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Mots clefs : Morez, Morbier, Horloge Comtoise.

UhrenH@nse
Auteur : Emil Hänseler
Traduction FB

   

2008 © FB